LGV : Ces espèces protégées perturbent les chantiers

tgv85.jpgLe projet Sud-ouest à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne doit respecter plusieurs contraintes environnementales. Panorama des petites bêtes qui perturbent le chantier: 267 espèces protégées.

Voilà plusieurs mois qu’ils scrutent la nature dans tous les sens pour nous préparer à ce grand inventaire de la faune et de la flore régionale. Futur tracé à grande vitesse oblige : les ingénieurs de Réseau Ferré de France doivent dresser l’état des lieux très exhaustif de nos espèces les plus protégées, car il ne s’agit pas de bousculer leurs habitudes, de briser leur élan migratoire ou leur habitat.

Grenouille, chauves-souris et autre tortue se rappellent à notre bon souvenir. Elles sont là pour jouer les mouches du coche, capables, si petites soient-elles, d’inverser le cours d’un dossier, de bousculer la définition d’un tracé, autoroutier ou ferroviaire, de bloquer ou de retarder un chantier.

On n’imaginait pas un tel dispositif de protection des écossystèmes, sur le territoire d’études du futur Grand projet ferroviaire du Sud-ouest. Réseau Ferré de France a mobilisé tous ses techniciens et naturalistes maison pour identifier la faune et la flore à protéger sur le parcours des futurs tracés. Cet inventaire donne la pleine mesure du poids réglementaire, souvent européen, qui pèse désormais sur l’instruction des grands dossiers d’infrastructures. Il faut dire qu’Aquitaine et Midi-Pyrénées sont servies. Les deux régions abritent 480 espèces et, parmi elles, 267 espèces protégées qu’il faut à tout prix préserver du déclin. Un passage obligé d’autant plus lourd qu’il faut ajouter à toutes ces contraintes celles qui pèsent aussi sur la protection du patrimoine architectural et paysager.

Écosystèmes d’exception

Le GPSO consiste en la création des deux lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. Si on y ajoute l’aménagement de la ligne existante Bordeaux-Hendaye, ce sont quelque 2 000 km de lignes à très grande vitesse qui seront réalisés à l’horizon 2020 dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.

Dans les six départements traversés (Gironde, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Lot-et-Garonne, Haute-Garonne et Tarn-et-Garonne), les écosystèmes ont été passés à la loupe. Du pélobate cultiprède, une grenouille redécouverte dans le Lot-et-Garonne, au muscardin, petit mammifère rongeur, en passant par le grand herbier rare du Grand Sud, on peut rouvrir en effet la grande encyclopédie de la nature. « L’Aquitaine et Midi-Pyrénées représentent une richesse écologique d’exception », souligne Luc Buisson, un des responsables biodiversité de Réseau Ferré de France.

Quand les espèces sont implantées dans une zone donnée, les ingénieurs sont tenus de tout tenter pour protéger leurs habitats. C’est le cas aujourd’hui avec le triton marbré qu’on a pu identifier dans des mares des départements de Haute-Garonne et du Tarn-et-Garonne. « Dans le tracé, une variante d’évitement a été prévue pour éviter un moindre impact », rappelle Serge Barande, écologue à RFF.

Des exemples comme celui-ci, on en compte des centaines.

La genette sort du bois

Ce petit carnivore protégé se laisse difficilement observé dans notre région. La genette dont on connaît les mœurs nocturnes, a pour plus proche parent domestique le chat dont elle reproduit la taille. Elle se nourrit d’oiseaux, de fruits, de rongeurs, et demeure cachée la journée dans les buissons. Son habitat de prédilection : les boisements et les secteurs bocagers. La genette présente un enjeu écologique assez fort, selon la classification des naturalistes (photo L. Spaneut). Son pelage est plutôt gris clair, parsemé de taches brunes ou noires disposées en quatre ou cinq rangées longitudinales. L’épine dorsale est parcourue d’une raie noire continue. Sa queue est caractéristique : elle est très longue (environ la même taille que le corps) et se présente sous la forme d’anneaux noirs et blancs.

La couleuvre d’Esculape

Cette espèce de couleuvre ne se rencontre pas partout. On la retrouve dans les boisements de feuillus et elle présente, elle aussi, un intérêt écologique fort. Ce serpent est impressionnant, surtout pour les phobiques, car il mesure 1,50 m jusqu’à 2 mètres. La couleuvre d’Esculape fréquente les bosquets, lisières, prairies, lieux arides ensoleillés, coteaux rocheux et rocailleux, murailles en ruine. On peut très bien la voir aussi dans nos charpentes et dans les arbres, car c’est une bonne grimpeuse. On peut même la surprendre à l’intérieur des habitations.

Généralement, la coloration de ce serpent est d’un brunâtre qui vire à l’olive dans des teintes plus ou moins foncées.

Le triton marbré

Le triton marbré, rare en Midi-Pyrénées, est l’hôte des mares en bon état de conservation. Il représente un enjeu écologique fort (cliché Cambrony-Ecosphère). L’animal de la famille des salamandres peu être de grande taille. Les femelles peuvent mesurer jusqu’à 16 cm. Cet urodèle est facilement reconnaissable car il possède des marbrures qui vont du jaune au vert. La destruction des habitats de reproduction est aujourd’hui la plus grande menace touchant le triton.



Le pélobate de Fargues (47)

Le pélobate cultripède, amphibien protégé, est une espèce en déclin qui fait l’objet d’un programme régional de conservation en Aquitaine. Sa présence connue sur quelques sites du littoral girondin, est plus rare à l’intérieur des terres. Il a été déniché par des experts sur une sablière de la commune de Fargues-sur-Ourbise, en Lot-et-Garonne. Cette charmante bestiole bénéficie de mesures de protection drastiques, y compris à l’échelon européen où elle figure dans la fameuse directive Habitats (annexe III).

La Dépêche du Midi du 140611

 

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